Semaine nationale d’occupations – Section Québec

Le gouvernement fédéral à encore beaucoup à faire

Le budget fédéral du 22 mars dernier était attendu avec impatience, puisqu’il s’agissait du premier du nouveau gouvernement libéral de Justin Trudeau. Il comprend plusieurs annonces en habitation, mais il ne livre qu’une partie de la marchandise promise durant les élections.

Ceci s’explique en partie par la décision de procéder en deux étapes. Des investissements de 2,3 milliards $ sont annoncés pour 2016-2017 et 2017-2018. Toutefois, le gouvernement se donne la prochaine année pour « élaborer une stratégie nationale en matière de logement », en consultation avec « les provinces et les territoires, les collectivités autochtones et non-autochtones et les principaux intervenants ». C’est au terme de cette démarche, qui vise notamment à « aider le secteur du logement social à devenir financièrement autonomie », qu’il annoncera des investissements à plus long terme.

Les terrains et les maisons de militaires à Sainte-Foy sont l’objet de revendications des groupes du FRAPRU depuis plus de 10 ans, ici lors d’une manif-action en marge des élections fédérales de 2004.

Les terrains et les maisons de militaires à Sainte-Foy sont l’objet de revendications des groupes du FRAPRU depuis plus de 10 ans, ici lors d’une manif-action en marge des élections fédérales de 2004.

Pour le moment, il augmente de 795 millions $ en deux ans le financement de l’investissement dans le logement abordable. Ce sera aux provinces et aux territoires de décider de l’utilisation de cette nouvelle somme, mais une partie de celle-ci devra être destinée à des logements pour les aînéEs et à des refuges pour les femmes victimes de violence. Quelque 574 millions $ sont annoncés pour la rénovation des logements sociaux existants, alors que 112 millions $ sont destinés à la lutte contre l’itinérance, ce qui augmente de 50 % son budget actuel. Enfin, le budget investit 739 millions $ de plus pour le logement dans les communautés autochtones, incluant le territoire inuit du Nunavik, au Nord du Québec.

C’est sur le prolongement des subventions à long terme aux 553 700 logements sociaux existants au Canada, dont 123 600 au Québec, que le budget déçoit le plus. Il n’annonce en effet que 30 millions $ en deux ans pour permettre aux gestionnaires de ces logements de continuer à offrir à leurs locataires à faible revenu des loyers fixés en fonction du revenu. Cette annonce ne règle toutefois le problème que temporairement et uniquement pour une partie des logements concernés, ceux situés dans des coopératives et des OSBL d’habitation qui sont sous la responsabilité directe du gouvernement fédéral. Rien n’est annoncé pour les HLM et autres logements qui reçoivent depuis des décennies des subventions fédérales, mais qui sont gérés par les provinces.

Deux grands enjeux immédiats se posent suite à ce budget.

  1. Le gouvernement du Québec utilisera-il les sommes additionnelles reçues d’Ottawa pour faire davantage de logements sociaux que les 1500 annoncés ?
  2. Quelle sera la stratégie nationale sur le logement élaborée par le gouvernement Trudeau ? Que veut-il dire quand il affirme vouloir « aider le secteur du logement social à devenir financièrement autonome » ? Qu’est-ce que cela signifie pour le maintien à plus long terme des subventions présentement versées à l’ensemble du parc actuel de logements pour en maintenir l’accessibilité financière ?